Grâce aux reconstructions paléoclimatiques, il est possible d’estimer entre autres les variations passées des températures et des volumes de glaces et ainsi d’évaluer des scénarios climatiques anciens.
On sait maintenant que depuis sa formation, la Terre a été soumise a des variations climatiques importantes.
L'histoire climatique de la Terre
La Terre depuis sa formation a toujours été relativement chaude. Seulement 5 phases glaciaires d’une durée environ de 50 millions d’années ont été mises à jour.
Durant certaines de cesphases glaciaires, la Terre aurait été complètement recouverte de glace. C’est la théorie de la Terre « boule de neige ».
Depuis 50 Millions d’années, la Terre subit un refroidissement global et le Quaternaire (depuis 2,6 millions d’années), apparait comme une des phases des plus froides sur Terre.

Evolution des températures globales terrestres depuis 500 millions d’années. Source: Ariel Provost (traduction en français des labels de All palaeotemps.svg) – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=66706381
Le refroidissement Cénozoïque
Depuis l’Eocène, il y a environ 50 millions d’années, les données paléoclimatiques montrent un refroidissement global des températures sur Terre.
Plusieurs phénomènes seraient à l’origine de ce refroidissement.
Dans un premier temps, la surrection des grandes chaînes de montagne durant l’ère tertiaire et notamment la chaîne himalayenne aurait été à l’origine de cette « détérioration » climatique.
En effet, la création de relief provoque une augmentation de l’érosion physique et ainsi de l’altération chimique des silicates. Ce processus chimique est appelé une « pompe » à CO2 atmosphérique à long terme. En effet, le CO2 atmosphérique va être consommé et reprécipité sous forme de carbonates dans les océans. Le CO2 atmosphérique étant un gaz a effet de serre, sa diminution provoque une baisse globale des températures de surface.
Dans un deuxième temps, il y a environ 33 millions d’années, l’Amérique du Sud et l’Antarctique se séparent. Le courant circumpolaire antarctique se met en place, isole l’Antarctique et favorise son refroidissement.
Ainsi, la calotte glaciaire s’étend et se pérennise, ce qui influence l’ensemble des courants océaniques et provoque une baisse globale des températures à la surface de la Terre. En effet, les eaux océaniques sont refroidies, ce qui favorise la dissolution du CO2. La quantité de CO2 atmosphérique diminue, et avec elle la température globale terrestre.

Évolution des températures ou du volume de la calotte glaciaire de l’Antarctique durant le Cénozoïque. Graphique de Robert A. Rohde (Université de Californie, Berkeley), Wikimedia Commons.
Les 5 derniers millions d'années
On observe une accélération du refroidissement globale de la Terre entre 3 et 2 millions d’années avec des cycles à 41 000 ans (période correspondant au changement de l’obliquité). Ensuite à 1 million d’années, les données montrent un changement d’amplitude avec des cycles de 100 000 ans (période correspondant au phénomène de precession des équinoxes).
Ce changement d’amplitude à 1 million d’année pourrait être du à la mise en place d’une calotte glaciaire stable au pôle Nord qui n’avait pas eu la possibilité de se développer avant. La présence d’une calotte glaciaire a une influence importante sur l’albedo et induit un refroidissement globale à la surface de la Terre. On parle de rétroaction positive.
On sait par ailleurs que c’est dans le dernier million d’année que se développent dans les Alpes de grands glaciers qui atteignent les fonds de vallées.

Reconstruction des paléotempératures terrestres des 5 derniers millions d’années basée sur l’analyse isotopique de l’Oxygène dans des sédiments marins. Source: Robert A. Rohde d’après Lisiecki and Raymo (2005).
Le quaternaire
C’est l’ère géologique la plus récente, elle commence il y a 2,6 millions d’années.
Le climat y est marqué à la fois par un refroidissement général par rapport à l’Ère Tertiaire, mais aussi par une augmentation de sa variabilité. La Terre au cours des derniers 800 000 ans, a subi des fluctuations climatiques majeures, cycliques, entrainant la croissance et la fonte régulière de grandes calottes glaciaires, notamment dans les Alpes.

Le quaternaire se caractérise ainsi par 6 périodes glaciaires entrecoupées par des périodes interglaciaires plus chaudes. Les périodes glaciaires sont elles-mêmes composées de stades successifs de crue et retrait glaciaires.
Les 4 dernières périodes glaciaires ont été nommées comme les affluents du Danube: Günz, Mindel, Riss et Würm, où elles ont été définies. Ces 4 cycles glacaires restent peu ou mal datés. On utilise ces noms en therme de chronologie relative.
Les mouvements de la glace ont érodé les roches du sous-sol, créant de vastes cirques glaciaires et des lacs glaciaires en creusant des vallées profondes. Les moraines déposées au front des glaciers peuvent devenir de véritable obstacle et changer la direction des cours d’eau. En aval des glaciers, se construisent des terrasses fluvioflaciaires qui seront réincisées par les rivières lors des périodes interglaciaires.
La dernière glaciation dans les Alpes: Le Würm.
Le Würm est la dernière période glaciaire ayant touchée les Alpes. Cette période s’étend entre 100 000 et 10 000 ans.
Les glaciers alpins ont atteint leur apogée il y a environ 20 000 ans. À cette époque, les glaciers s’étendaient sur une grande partie des Alpes, et atteignaient jusqu’à 1400 mètres d’épaisseur.
Carte montrant l’étendu des glacier lors du dernier maximum glaciaire il y a 20 000 an dans les Alpes. Source: Sébastien coutterand
Le stade des lacs: le retrait des glaciers
Une fois la déglaciation amorcée avec le recul du front des glaciers, les paysages en aval des glaciers vont se transformer.
Les fonds de vallées délaissés par les glaciers vont être occupés par des lacs qui vont s’agrandir vers l’amont au fur et à mesure du retrait des glaciers mais dont le niveau va baisser par érosion fluviatile des barrages en aval.
En isère le premier lac à se former est celui de Moirans, barré au Sud par les terrasses fluvio-glacaires de Rovon et Vinay, et à l’Ouest par les dépôts morrainiques du Würm à Rives (on parle du seuil de Rives). Dautres lacs, juxtaglaciaires, plus petits et plus éphémères peuvent s’installer dans l’actuelle vallée du Drac par exemple.
Finalement, lorsque le lac atteint son étendu maximum, il relie la dépression de Moirans au Nord Grésivaudan.
Ce lac sera au fur et à mesure vidangé en aval par les rivières et comblé en amont par les dépôts fluviatiles.
L’Isère creuse dans la plaine et s’encaisse d’une quinzaine de mètre.
Le petit âge glaciaire
Il s’agit d’une période climatique particulièrement froide du XIVème au XIXème siècle et comprenant 4 périodes avec des températures annuelles très basses (en 1350, 1640, 1820 et 1850). Le petit âge glaciaire (PAG) se caractérise par des avancées successives des glaciers dues principalement à des hausses de chutes de neige alimentant la zone d’accumulation des glaciers.
Le petit âge glaciaire aura des conséquences importantes sur les populations: les glaciers envahissent les paturâges, et provoquent des catastrophes avec les chutes de sérac, les débacles de lacs de barrage. Leurs crues provoquent la destruction de hameaux et bien sur le froid envahit les population.
Le petit âge glaciaire est surtout documenté dans l’hémisphère Nord, mais il a aussi été mis en évidence dans l’hémisphère Sud. il est suivi d’un optimum climatique durant le Moyen-Âge.
