Les versants

 

Lors de l’érosion d’une parois rocheuse à pente forte (>45°), les matériaux qui la composent vontavoir tendance à tomber selon trois processus différents : chutes de pierre, écroulements et avalanches de roches et de glace. Ces déplacement de roches, en général assez soudain, amènent les roches vers le pied de pente, formant des structures chaotiques.

Les chutes de pierres se produisent lorsque les parois vont se fracturer et que les blocs rocheux de taille variable vont se détacher de celle-ci pour tomber ver l’aval. Lorsque la chute de pierre est régulière et s’étale dans le temps, on peut alors former un éboulis pouvant avoir la forme d’un tablier d’éboulis ou d’un cône, en général granoclassé (les bloc les plus gros en bas, les plus petits en haut).
Au contraire, les écroulements sont des événements instantanés caractérisés par l’effondrement d’un volume important d’une parois (ou d’une partie) en quelques secondes ou minutes.
Enfin, les avalanches de roche et de glace (chute de sérac) se produisent lorsqu’un pan de paroi s’effondre. Il arrive que la glace se liquéfie à cause de l’énergie produite par les frottements et les chocs, transformant l’avalanche en une coulée de boue pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres heure.

Tous ces phénomènes gravitaires sont naturels, engendrés par des facteurs d’instabilités variés, qu’ils soient actifs ou passifs. Les facteurs qui vont avoir le plus gros impact sont la lithologie et la structure même de la roche, la disparition des glaciers et des couches neigeuses permanentes qui vont exposer la roche aux conditions climatiques annuelles (notamment cycle gel/dégel), la dégradation du pergélisol considéré comme le « ciment » des montagnes, et les précipitations et fonte de neiges qui vont engendrer une augmentation de la fracturation par infiltration de l’eau dans les fissures.

Tous ces facteurs n’agissent pas séparément, ils sont tous en interaction. Par exemple, la fissuration peut être directement liée à la nature et structure de la roche, et va alors influencer l’érosion due à l’infiltration.

En général, les fractures dans les roches en haute altitude (souvent supérieure à 2000 m dans les Alpes) sont remplies par une fine couche de glace, qui joue à la fois un rôle stabilisant et déstabilisant des parois. En effet, cette glace dans les fissures joue le rôle de « ciment » qui permet de maintenir les pans de roche ensemble. Mais, contradictoirement, cette couche de glace peut faciliter l’effondrement des parois car elle a tendance à élargir les fractures et donc à augmenter leur instabilité.
Ces propriétés étant largement influencées par les température, des études ont montré que la glace jouerait le rôle de ciment pour des températures inférieures à 0°C, mais que lorsque le pergélisol devient tempéré, la couche a plutôt tendance à faciliter l’augmentation de la taille des fissures et donc à fragiliser les parois rocheuses.